Le romancier dit de son personnage que c’est « un ignorant mais pas un imbécile ». Libéré, il veut comprendre ce qui lui est arrivé et pourquoi il a été en prison.
Aussi, que fait-il ? Il se « replie en sa conscience et réfléchit. »
Comment ? En « se constituant en tribunal » de lui-même : il se remémore les faits qui l’ont conduit derrière les barreaux. Il y pense sérieusement, il sonde au plus profond « le dedans du désespoir ».
C’est comme cela qu’il finit par reconnaître sa faute. Mais pas seulement la sienne, il pointe aussi celle de « cette prodigieuse pyramide que nous appelons la civilisation » qui l’a, ô combien, poussé à la faute.
Il voue à cette civilisation une haine féroce qui semble éteindre « la lumière naturelle qui était allumée en lui. » Tant d’années passées en prison expliquent qu’il est dans « la haine de la loi humaine ». Cette condamnation de la société alimente toutes ses haines.
Il ira jusqu’à « juger la providence » pour la haïr elle aussi. Dans un tel tourment, il est proche du crime suprême, tuer en lui toute espérance. Tous les mauvais sentiments lui passent par la tête dont vengeance et méchanceté qui font de lui cette âme desséchée sans plus d’humanité.
Et pourtant, et pourtant…, après ces dix-neuf années de prison, il saura prendre le chemin du salut.
Comment est-ce possible ? Sans doute parce qu’il a su animer ce tribunal intérieur dont il fut à la fois l’accusé et le procureur. Un épisode long mais qui, ajouté à deux rencontres salutaires, aura peut-être été le pilier majeur de sa rédemption.
Voilà quel est le bon exemple à suivre : pour profiter pleinement de cette retraite de 21 jours, plutôt que de se perdre dans des lectures d’évasion, Nicolas aurait dû lire avec attention ce passage inspiré des Misérables où Jean Valjean va faire de ce moment pénible, un temps de réflexion active sur soi, un temps de réparation et d’humilité, un temps qui, seul, peut mener à la grâce.
Yves Maire du Poset


/image%2F1431124%2F20210423%2Fob_23bc2d_livre-reussir-son-entretien-d-embauch.jpg)
